Portraits de familleLes oublié·e·s de la Révolution française

Conception Hortense Belhôte

Samedi 10 avril 19h

La Mégisserie – Amphithéâtre
SÉANCE SCOLAIRE
VENDREDI 9 AVRIL 14H30
1h
Tarif B

Pass Surinfluence 20€
les deux spectacles
 
Ce spectacle est présenté dans le cadre du festival SURINFLUENCE
Toute la programmation du festival est à découvrir bientôt !
HUMOUR /  DÈS 15 ANS
Chant et créations musicales Nabila Mekkid (du Barry), Gérald Kurdian (St Georges et D’Eon), Aitua Igeleke (Jean Amilcar et Marie-Thérèse), Sébastien Richelieu (Thomas Alexandre), Anaïs Rosso (Madeleine), Mathieu Grenier et Celia Marissal (La Méduse), Mexianu Medenou (Zamor)
Création vidéo Theodora Fragiadakis
Production, diffusion, administration Fabrik CassiopéeManon Crochemore et Mathilde Lalanne
Production déléguée Fabrik Cassiopée / Coproduction Espace 1789 / Avec le soutien de Montévidéo – Centre d’Art, Carreau du Temple
© Fernanda Tafner

Historienne de l’art et comédienne, Hortense Belhôte bouscule les mythes fondateurs de l’histoire de France dans un stand-up hilarant et grinçant.

Comme on feuillette un album de famille, elle dresse le portrait de douze anti-héros de la Révolution de 1789. Très documentée, elle fait revivre sur scène ces personnages dont elle raconte, chante et mime la trajectoire contrainte ou empêchée. Certains connus et d’autres non, ils ont en commun de ne pas répondre aux critères de panthéonisation car trop monstrueux, trop ratés ou trop tristes. C’est à travers une multiplicité de points de vue qu’Hortense Belhôte nous fait entrer dans la complexité historique afin d’éviter la sclérose d’un nationalisme amnésique. Qui est à la marge et qui est au centre ? Sur quels sédiments repose notre socle commun ?

Dans les familles j’ai remarqué qu’il y a souvent une personne par génération qui se lance dans les recherches généalogiques ou qui compile les savoirs reçus des uns, des autres et des vieux qu’il a connu, et qui devient une sorte de pôle ressource pour tous les cousins. Bien souvent cette passion lui prend sur le tard, un peu au même moment que le regain de spiritualité, l’inquiétude du devenir, l’obsession de la transmission et le questionnement identitaire, lorsque l’âge de la sagesse frôle la seconde adolescence. Au-delà de cette caricaturale anthropologie psychique, bien souvent la personne se lance aussi dans des recherches sur ses ancêtres au moment de la retraite tout simplement parce qu’elle a le temps.
Dans le monde universitaire la recherche généalogique est souvent dénigrée au rang de l’amateurisme, détachée des efforts de problématisation intellectuelle qui caractériserait la science historique. Mais de la généalogie à l’Histoire il n’y a qu’un pas. Tirer le fil de la micro histoire c’est s’embarquer dans un processus de recontextualisation globale qui fait de la place à d’autres récits. Et lorsque les archives manquent, ce sont les branches cousines, les personnalités publiques, les articles scientifiques sur des sujets proches ou les œuvres d’art contemporaines et les représentations anciennes qui viennent combler l’imaginaire historique. L’ego trip mué en désir de connaissance enrichit et fait évoluer la modélisation générale de l’Histoire et du supposé « passé commun ».
Un grand oncle égyptien déporté à Cayenne ? Une arrière-grand-mère verbalisée pour prostitution ? Une union gay déguisée en pieuse adoption ? Une mystérieuse disparition ? Un mariage forcé ? Une collaboration douteuse ? On trouve de tout quand on commence à faire son arbre généalogique, et souvent ce qu’on ne cherchait pas. Comme une saga aux rebondissements infinis, un roman unique dont on devient le narrateur ou le héros absent. C’est comme un jeu qui mêle création de personnages, reconstitution, courses, combat, escape game, jeu de survie et changements de décors permanents, c’est les Sims en mieux. L’idée du spectacle et de ses prolongements est de favoriser cette analogie entre le jeu vidéo et la recherche documentaire, par des entrées ludiques qui familiarisent avec les techniques et orientent le spectateur dans ce « monde ouvert » qu’est la vie.
Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l’art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une web série arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chef d’oeuvres de l’art classique européen.
En tant que comédienne elle a joué pour le théâtre et le cinéma et a enseigné l’art dramatique dans des conservatoires parisiens. Elle a travaillé également sur des spectacles musicaux avec le chef d’orchestre Hacène Larbi (Les Nuits), le chorégraphe Mark Tompkins (Show Time ! a musical), le performeur Mathieu Grenier (#NALF l’opéra) et la comédienne Sarah Cohen-Hadria (Kissing Nodules). En danse contemporaine, elle est interprète depuis 2017 sur Footballeuses de Mickaël Phelippeau, dont la compagnie a accueilli certaines de ses conférences spectaculaires.
Titulaire d’un Master 2 en histoire de l’art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l’art et des universités. A la croisée de ses pratiques, elle s’est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d’éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l’absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse. En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L’Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l’Atelier à Paris, s’inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues.
Elle a collaboré avec Sofia Dias & Vítor Roriz (Sons Mentirosos Misteriosos, 2020–2024), Flora Détraz (Muyte Maker, 2018–2023), Kalle Nio (Cutting Edge, 2016–2018) et Tânia Carvalho (Icosahedron, 2011–2018).
Au cinéma, elle a collaboré au film d’animation de João Calixto Bau Probe [2022], et a participé à plusieurs longs-métrages tels que A Metamorfose dos Pássaros de Catarina Vasconcelos [2020], AMOR FATI de Cláudia Varejão [2020], Body-Buildings de Henrique Câmara Pina [2021], CURA#1 de Joana Peralta [2023] et A Colónia [en cours] de Marco Martins. Inês souhaite approfondir son travail au cinéma.
En musique, elle est cofondatrice des groupes Sopa de Pedra [2013], avec deux albums sortis, et Tigre [2022], où elle intervient en tant que compositrice, interprète et graphiste. Elle a également participé à des enregistrements ou concerts avec José Mário Branco, Júlio Pereira, Fausto Bordalo Pinheiro, Manel Cruz, Lula Pena, Amélia Muge, Perota Chingo, Luca Argel et Capicua.
Elle a exposé ses broderies et poèmes dans des expositions à la galerie Le Non-Lieu à Roubaix (Small is beautiful, 2014, 2016, 2018), ainsi qu’à la Fondation Serralves à Porto [2024].
Elle partage ses pratiques artistiques à travers des ateliers au Portugal et en Belgique, explorant l’intersection entre la voix et le corps.
Sa formation comprend le violoncelle et le chant au Conservatoire de Musique de Porto [2000–2007], une licence à l’Escola Superior de Dança [2012], le programme PEPPC au Fórum Dança, l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq [2013], la Formation d’Animateurs Musicaux [2014], et le cours de rythme avec Santiago Vazquez [2023].
« Plutôt qu’un discours moralisateur, Hortense Belhôte, vêtue de bleu, blanc et rouge, trace les lignes de toutes ces vies de second plan dont il ne reste pas grand-chose. Ici détails et anecdotes prennent une importance capitale, et permettent d’ouvrir les points de vue sur la période. L’humour surtout, touchant et provocateur, décoince les visages, et c’est là tout le génie d’Hortense ». La Terrasse (avril 2023)
« Un concept mêlant vulgarisation historique, vidéoprojection, récit personnel et familial, le tout emmené avec pédagogie, drôlerie et pétulance ». Le Monde (mai 2023)
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-avant-scene/hortense-belhote-j-accueille-le-public-30-minutes-avant-d-entrer-en-scene-5716643

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