Swan lake solo
+ Crawl
Chorégraphie Olga Dukhovna
Vendredi 26 mars 19h
La Mégisserie – Amphithéâtre
APRÈS LE SPECTACLE
L’heure du set
DANSE
SWAN LAKE SOLO
D’après une libre interprétation du Ballet de Tchaikovsky
Interprétation Olga Dukhovna, François Malbranque
Dramaturgie François Maurisse
Son Anton Svetlichny
Lumière Guillaume Jouin
Costumes Marion Regnier
Régie générale Denis Malard
CRAWL
Interprétation Serhii Prokopenko alias Bboy Uzee Rock
Dramaturgie Simon Hatab
Son Mackenzy Bergile
Lumière Erik Houllier
Costumes Soraya Mobé
Régie générale Denis Malard
SWAN LAKE SOLO
Production Amélie-Anne Chapelain et Enora Floc’h, CAMP / Production C.A.M.P / Co-production le Quartz – Scène Nationale de Brest ; Au bout du plongeoir et la Coopération Nantes-Rennes-Brest-Rouen – Itinéraires d’artiste(s) / Avec le soutien des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis / Remerciements au CCNRB – Collectif FAIR-E pour les prêts de studio / C.A.M.P est une structure culturelle et artistique d’intérêt général basée sur le Pays de Lorient. Elle est subventionnée par la DRAC Bretagne, la Région Bretagne, le Département du Morbihan, Lorient Agglomération, les Villes de Lorient et Plouhinec. Elle reçoit également le soutien de la Caisse des Dépôts et du Fonds de dotation Marie-Thérèse Allier
CRAWL
Production Amélie-Anne Chapelain et Enora Floc’h, C.A.M.P / Production C.A.M.P / Co-production Théâtre Louis Aragon – Scène conventionnée d’intérêt national Art et création de Tremblay-en-France, Le Triangle – Cité de la Danse à Rennes. Remerciements à Quai 9 – Théâtre de Lanester et au CCNRB – Collectif FAIR-E pour les prêts de studio / C.A.M.P est une structure culturelle et artistique d’intérêt général basée sur le Pays de Lorient. Elle est subventionnée par la DRAC Bretagne, la Région Bretagne, le Département du Morbihan, Lorient Agglomération, les Villes de Lorient et Plouhinec. Elle reçoit également le soutien de la Caisse des Dépôts et du Fonds de dotation Marie-Thérèse Allier
©doriane_rio ©Geoffrey Montagu

Break, ballet, folklore. Olga Dukhovna mélange les genres, bouscule les codes et surprend. Deux solos dans la même soirée, une chorégraphe à découvrir.
Dans Swan Lake Solo, Dukhovna s’empare du Lac des cygnes : ce ballet que la télévision russe diffuse depuis des décennies chaque fois qu’un événement grave secoue le pays. En 2022, un projet géant de la chorégraphe tombe à l’eau : 32 danseurs, un orchestre, des chanteurs dans une grande salle à Moscou. La guerre en a décidé autrement. Alors elle reprend du début. Tout ce monde-là, elle le fait tenir dans un seul corps. Le sien. Et ce qui aurait pu être un renoncement devient quelque chose de surprenant : léger, libre et inattendu.
Puis vient Crawl, et avec lui Uzee Rock : quinze ans de breakdance au plus haut niveau mondial, un corps qui est une machine à surprendre : puissance, précision, inventivité. Dukhovna lui propose un défi : faire dialoguer le break avec le povzunets, une danse traditionnelle ukrainienne où tout se passe accroupi, au ras du sol. Deux styles que rien ne rapproche a priori, mais qui ont pourtant bien plus à se dire qu’on ne l’imaginait.
Swan Lake est un projet chorégraphique qui s’empare d’un monument classique de l’histoire de la danse : le Lac des Cygnes. Il est imaginé́ en deux volets distincts, pour créer une torsion impossible de formes, et une illusion du regard : Le premier est une commande pour une équipe de trente-deux danseurs et un orchestre dans la grande halle de GES-2 de V-A-C Fondation à Moscou. Le second est la création d’un solo issu de ce chef-d’œuvre dont l’enjeu est d’incarner avec une seule interprète l’ensemble des rôles de ce grand ballet. Une sorte de fiction bien réelle. Du corps de ballet au solo, et vice-versa, l’un des enjeux sera de découvrir quelle est l’essence même de ce ballet qui peut résister à une opposition de format.
Swan Lake est un monument de la culture de l’empire soviétique et symbole ultime de la chute de l’URSS. L’une des principales caractéristiques de Swan Lake est sa convertibilité. Au tournant du XXIe siècle, le Ballet est passé du grand art académique à la culture de masse : du Swan Lake de Matthew Bourne, à l’animation (Kimio Yabuki), en passant par Hollywood (Black Swan de Darren Aronofsky). Swan Lake a montré une capacité étonnante à se mettre à jour et à trouver une niche dans les contextes socio- culturels les plus inattendus.
Dans cette création, Olga Dukhovna poursuit son travail autour du recyclage chorégraphique : une démarche qui explore les danses anciennes en les transformant, en les déplaçant, en les décomposant — en remplissant la forme existante par d’autres sens et images. Crawl met ainsi en relation deux langages corporels : d’un côté, une danse folklorique ukrainienne ; de l’autre, l’énergie brute et codifiée du breakdance, incarnée par Uzee Rock ,danseur virtuose de la scène urbaine internationale depuis une quinzaine d’années.
Il ne s’agit pas de fusionner les styles ni de les faire disparaître l’un dans l’autre, mais de chercher un langage hybride, un terrain d’expérimentation où chaque vocabulaire reste identifiable tout en se laissant traverser par l’autre.
Vous reconnaîtrez peut-être des pas venus du folklore ukrainien. Vous reconnaîtrez peut-être des mouvements issus du break. Mais Crawl ne cherche pas à illustrer une identité. C’est une traversée, une transformation, un geste en mouvement.
Née en Ukraine, Olga Dukhovna se forme à l’école P.A.R.T.S (Bruxelles) d’Anne Teresa De Keersmaeker puis du Centre National de Danse Contemporaine (Angers) sous la direction d’Emmanuelle Huynh. Elle s’installe en France et entame une collaboration intensive avec Boris Charmatz. Elle mène en parallèle sa propre recherche.
En tant que chorégraphe, elle se situe à la croisée de courants artistiques a priori incompressibles, mais dont elle se plaît à explorer les chocs créatifs et autres collisions inattendues : d’une part un folklore ukrainien perdu, effacé par le régime soviétique, dont elle revisite les mouvements, d’autre part un héritage de la danse contemporaine qu’elle a découvert durant ses études en Belgique puis en France. De cette rencontre improbable naissent trois pièces – Korowod (2012) d’après les danses traditionnelles slaves, puis le diptyque Hopak (2024) et Crawl (2025), inspirés de l’entraînement militaire des Cosaques. Mettant à nu ces gestes ancestraux pour mieux en questionner le sens, elle les rejoue en les chargeant d’une troublante portée politique.





