Toi, tu ne joueras pas Juliette

Texte et mise en scène Mascha Richard Dumy

Vendredi 22 janvier 20h

La Mégisserie – Amphithéâtre
SÉANCE SCOLAIRE
JEUDI 21 JANVIER 14H30
2h
Tarif unique 6€ /
Pass soirée 10€
GARDERIE ARTISTIQUE
Pour les enfants de 7 à 11 ans
Gratuit sur inscription
Ce spectacle comprend des scènes pouvant heurter en raison de violences sexistes et sexuelles.
THÉÂTRE /  DÈS 14 ANS
Assistanat à la mise en scène Anouk Lemaine
Avec Garance Bonotto, Carla Gauzès, Naelle Dariya, Ambre Matton
Dramaturgie William Ravon
Scénographie Lucile Lacaze et Adèle Collé
Création lumière Lucas Collet
Création costumes Benjamin Gournay
Création scénographique Rudy Gardet
Création vidéo Alice Brygoc
Création son Ariane Blaise
Production Charlotte Weidmann / Production Blast Collective / Projet lauréat de l’appel à projets 2024 Numérisation, médiation, création 2024 du programme Cultures connectées financé par l’Etat (DRAC Nouvelle-Aquitaine) et la Région Nouvelle-Aquitaine / Coproduction Office Artistique de la Nouvelle-Aquitaine (résidence en territoire), Théâtre de l’Union, CDN du Limousin, la Métive, Université Bordeaux Montaigne / Soutiens Office Artistique de la Nouvelle-Aquitaine (bourse à l’écriture dramatique), La Mégisserie – Scène Conventionnée de Saint-Junien, CNSAD-PSL, SACRe-PSL
Soirée dans le cadre du festival Attention ! Nouvelle génération
En coréalisation avec
et le Théâtre de l’Union CDN du Limousin
©Loup Romer

Un vieux studio de cinéma. Trois femmes. Un mauvais casting. On cherche la “nouvelle Juliette”. On la veut fraîche, inattendue, brisant tous les codes et toutes les attentes. On veut une “Juliette de la vraie vie”. Les femmes défilent, multiples, toutes différentes. Elles rejouent les mêmes scènes jusqu’à perdre peu à peu leurs repères. Mais Bill ne trouve pas sa Juliette. Soudain, tout déraille. Un événement brutal fait basculer l’audition avec un message glaçant : « TOI, TU NE JOUERAS PAS JULIETTE ».

Le spectacle navigue alors entre fiction et reconstitution d’archives incarnées par les comédiennes autour du mythe de l’actrice, celle qui fascine autant qu’on la fantasme. En s’appuyant sur la figure de Juliette, symbole du rôle rêvé autant qu’imposé, la pièce explore les représentations que le cinéma projette sur les femmes en révélant la violence cachée derrière les images que l’on fabrique.

Une actrice est-elle un acteur ?
Voilà la question qui m’occupe depuis déjà plusieurs années que je mène ma recherche sur la mise en jeu du genre. Parle-t-on du même métier ? Forme-t-on les actrices de la même manière ? Les regarde-t-on de la même manière ? Les dirige-t-on de la même manière ? Leur permet-on les mêmes choses ? Les actrices font-elles le même travail que les acteurs ?
Le souhait dit “oui”, le constat dit “non”. Karin Viard, d’ailleurs, dans une interview d’août 2018 à Madame Figaro partageait cette observation : “Je voulais être acteur, pas actrice”. Elle explique que les acteurs sont libres et pluriels, alors que les actrices sont enfermées. Dans ma recherche, je me suis attelé·e à décrire cet enfermement à travers des entretiens, des groupes de parole afin de comprendre le lent corsetage de jeu que subissent les actrices.
Les personnages d’actrices sont nombreux au théâtre et au cinéma, ils fascinent. J’ai choisi d’en faire les personnages principaux pour m’installer dans l’œil du cyclone, au centre de cette fabrique des fantasmes qu’est l’actrice. Contaminant sans cesse nos imaginaires, les actrices, dans tout ce qui leur est permis ou interdit, sont les outils grâce auxquels nos quotidiens genrés sont façonnés. De ma grand-mère cousant sa propre jupe verte à la Bardot dans son atelier de couture du lycée aux couvertures life-style de magazine dits féminins, l’actrice mesure non seulement une féminité acceptable mais souhaitable.
Une femme peut-elle échapper à l’actrice ?
Une actrice peut-elle ne plus être actrice ?
Après une formation à l’Académie de l’Union (désormais appelée ESTU), école supérieure de théâtre du Limousin, au sein de laquelle iel travaille Mascha travaille comme actrice auprès d’Aurélie Van Den Daele (Comme si, Marylin Mattéi), Simon Roth (Catharsis), Jean-Baptiste Tur (Leurs Enfants après eux, Nicolas Mathieu) et Jérôme Bel (Gala).
Mascha met en scène au sein du Blast Collective, collectif queer et féministe de théâtre basé en Haute-Vienne, qu’iel co-dirige avec Ambre Matton et Carla Gauzès. Elle crée ainsi en 2017 Oussama, ce héros de Dennis Kelly, au Théâtre de la Bastille, et en 2021 une maquette de Rose is a rose is a rose is a rose, d’Ivana Sajko, co-mis en scène avec Carla Gauzès.
La pratique du jeu et de la mise en scène de Mascha sont fortement nourries par son activité de drag-queen et de directrice artistique au sein d’événements clubbing, comme ceux organisés par le collectif Kindergarten, sur Paris, et le collectif Blasted, sur Limoges.
C’est d’ailleurs la coexistence de ces pratiques et de ces univers qui la poussent à mener, en parallèle de sa formation au jeu, un cursus de recherche universitaire en théâtre à la Sorbonne Nouvelle au duquel elle mène une recherche, auprès de Julia Gros de Gasquet, sur la mise en jeu du concept de genre dans la pratique de l’acteurice et ses impacts éthiques, politiques et esthétiques.
Elle est actuellement doctorante SACRe au sein du CNSAD-PSL et mène une recherche qui s’intitule « « Des images dans lesquelles le futur peut être vécu » : la mise en jeu du genre comme source de nouveaux possibles d’incarnation et de nouveaux récits », sous la direction d’Anne-Françoise Benhamou et d’Aurélie Van Den Daele.

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