L'Abécédaire sans réponses
L’INSTANT PROPICE
TEXTE JOSÉPHINE SERRE
Samedi 28 novembre 17h
La Mégisserie – Le Cube
SÉANCES SCOLAIRES
JEUDI 26 NOVEMBRE 10H ET 14H30
VENDREDI 27 NOVEMBRE 10H ET 14H30
THÉÂTRE / DÈS 7 ANS
Mise en scène Xavier Czapla & Joséphine Serre
Avec Joséphine Serre ou Camille Durand-Tovar & Frédéric Minière
Création musicale et sonore Frédéric Minière
Scénographie Atelier Méta / Baptiste Supan, Florent Mavrier.
Costumes Louise Lafoscade
Création lumière et régie générale collective
En coréalisation avec

Administration et production La Mécanique des Rêves Héloïse Jouary / Production discussion Bureau RUSTINE, Jean-Luc Weinich / L’INSTANT PROPICE VOUS ÊTES ICI – structure de création et de production & pôle ressource, Théâtre DUCOURNEAU – Scène Conventionnée Jeunesses – Agen, LA MÉGISSERIE – Saint-Junien (en cours), L’ODYSSÉE – Périgueux, THÉÂTRE JEAN LURÇAT – Scène Nationale d’Aubusson, DRAC NOUVELLE-AQUITAINE, ÉCOLE COMMUNALE DE MONTAUT, VILLE DE MONTAUT / La compagnie L’Instant Propice est conventionnée par la DRAC Nouvelle-Aquitaine / L’ensemble de l’œuvre dramatique de Joséphine Serre est publié aux Éditions Théâtrales
© L’Instant Propice

Vous êtes invités à participer à un jeu. Les 26 lettres de l’alphabet sont réparties sur cinq dés. Il suffit de les lancer pour que l’aventure commence. Un mot apparaît alors, ouvrant la porte d’un univers musical unique à explorer ensemble.
Chaque mot porte son histoire. Chaque lettre possède son instrument, sa voix, sa matière. Comme une formule magique, elle tisse des liens durables entre les joueurs et nourrit l’imaginaire.
L’Abécédaire sans réponses est une parenthèse dans un monde qui va toujours plus vite. Une invitation à l’éveil par la beauté et la poésie, tout en ouvrant des réflexions sur l’écologie, l’Histoire et bien d’autres sujets. Un jeu qui permet aux enfants de déployer leur imaginaire et d’explorer le monde autrement.
Parler du monde aux enfants. Sans simplifications. Sans ni maquiller, ni amoindrir son mystère, sa beauté, sa violence. Leur parler de l’énigme de la vie, du temps long, de la profonde route des origines. Avec un grand respect, une exigence sereine, et une attention portée à leur soif de beauté, à leur disponibilité pour le large, à leur curiosité immense qui accepte de ne pas tout comprendre. Ne pas douter de leur acuité, jamais. Ils attraperont ce qu’ils pourront, mais ils attraperont toujours. Parler à tous les sens : la parole est au cœur et même en premier. Mais chaque texte est relié à un objet, une image, un son, une musique, un parfum, une matière. Éveiller les enfants, par la beauté, par la poésie, à des enjeux d’écologie, d’Histoire, de politique. De choix de mondes. Éveiller leur sensibilité à se sentir concernés. Et parce qu’ils sont dans un monde de vitesse, d’images, de virtuel, de bruit, d’hypersollicitations : proposer un calme, un lent déploiement de l’imaginaire. Défendre la lenteur, la langue, la présence, la matérialité. Ils en ont soif ; et leur faculté d’accueil est énorme. Leur donner l’émotion d’être en contact avec la magie, par le/la récitant·e qui leur confie des secrets, des trésors, qui intimide aussi, parce que celle/celui qui est en scène est toujours habité·e par quelque chose de plus large, en lien avec l’invisible, et ce lien est une chose que les enfants me semblent être en capacité, immédiatement, de percevoir. Élargir le regard, le cœur, donner envie d’aller percer plus loin, montrer les brèches cachées partout dans le monde pour la beauté, le mystère, la quête, l’enseignement, le voyage, la pensée.
Joséphine SERRE : Formée à l’École du Studio d’Asnières, à l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq puis en Classe Libre, où elle créée sa compagnie L’Instant Propice avec des élèves de sa promotion, Joséphine Serre est comédienne, autrice et metteuse en scène. La première création de l’Instant Propice – L’Opéra du Dragon de Heiner Müller – a lieu au Théâtre 13 et au Théâtre du Soleil. Joséphine décide alors d’écrire pour sa compagnie et le groupe d’acteur·ices réuni·es autour d’elle. En 2008, Volatiles reçoit la bourse Beaumarchais. Le texte est créé par l’Instant Propice en 2011 à la Maison du Comédien Maria Casarès. Amer M., terminé en 2015 à la Chartreuse est lauréat de l’Aide à la création d’ARTCENA en dramaturgie plurielle et des Journées de Lyon des auteurs de théâtre. Le texte est publié aux éditions Théâtrales, puis créé par l’Instant Propice à la Loge et au Théâtre de Belleville en 2016. Data, Mossoul, œuvre-voyage dans les méandres de la production des récits et des fictions, depuis les premières bibliothèques mésopotamiennes jusqu’aux Gafam contemporains, met en question les (ré)écritures de l’Histoire. Également lauréat d’ARTCENA en dramaturgie plurielle et publié aux éditions Théâtrales, Data, Mossoul a été créé au Théâtre de la Colline en 2019 dans une mise-en-scène de l’autrice. Colette B., deuxième volet venant à la fois ouvrir et répondre à Amer M., a été créé au THEATRE DE LA CITE à Toulouse en janvier 22, en diptyque avec Amer M., puis au Théâtre de la Colline et sera également accueilli dans le cadre du Festival « Mettre en scène » au Théâtre National de Bretagne. Sa dernière création, « M.A.D ! Je te promets la forêt rebelle », traverse la question des ZAD, de la violence et de la désobéissance civile à l’heure de la catastrophe climatique, en investissant le motif poétique de la forêt et l’imaginaire magique qui lui est associé. Le spectacle a été créé au Théâtre de la Tempête à Paris en juin 2024 puis dé-créé dans la foulée au Four à Prunes de Villeréal dans le cadre de son festival en juillet. L’ensemble de l’œuvre dramatique de Joséphine Serre est publié aux Éditions Théâtrales.
Les créations de l’Instant Propice prennent souvent pour point de départ des éléments du réel : la guerre des Balkans dans Les Enclavés, les réfugiés climatiques dans Volatiles, l’histoire et le présent d’un vieil immigré Kabyle dans Amer M., la bataille de Mossoul et le pouvoir des GAFAM dans Data, Mossoul, les zadistes sauveteurs du vivant dans M.A.D.
Puis, un monde à part entière se dessine. Il met en jeu des « territoires imaginaires », c’est-à-dire les manières dont notre pensée recompose les cartes, les frontières, les histoires – les territoires. La manière dont elle forge des représentations subjectives, « imaginaires », du réel.
S’incarnant dans cet univers, les personnages sont chacun à leur manière pris dans un enfermement : enfermement dans leur statut, dans leur héritage, dans leur psychisme. Ce sont souvent des êtres broyés par un système (administratif, étatique ou de pensée) qui les confine et les entrave. Leur vie se retrouve réduite à une fonction.
Pourtant, ils sont en recherche de sens. « Comment quitter l’étroitesse apparente du Monde et (re)trouver sa poésie ? » « Comment ouvrir ? » L’appel de l’ailleurs, le désir d’« élargir le monde » s’apparente alors à une quête de spiritualité.




