Don Carlos

d’après Friedrich von Schiller et l’émission de télé-réalité Loft Story

COMPAGNIE PARADIS PERDU

Conception et mise en scène Ferdinand Flame

MARDI 28 AVRIL 20H

La Mégisserie – Amphithéâtre
2h /
Tarif B
THÉÂTRE / DÈS 12 ANS
Aide à la conception et écriture Rachel de Dardel
Scénographie et costume Antonin Fasio
Création lumière Marco Hollinger
Création son : Baudouin Rencurel – passation Théo Pesso
Jeu et écriture au plateau Claire Toubin, Oscar Montz, Jeanne Berger, Guillaume Gendreau
Production compagnie Paradis perdus
Co-production Maison Maria Casarès dans le cadre du dispositif Jeunes Pousses, La Commune – CDN d’Aubervilliers, DRAC Ile-de-France au titre de l’aide à la création, le Jeune Théâtre National, la région Ile-de-France dans le cadre de son dispositif FoRTE pour les talents émergents

Du drame romantique de Schiller, il ne reste plus grand-chose et c’est ici à un Don Carlos sans Don Carlos auquel vous allez assister. On nous parlait aussi de télé-réalité mais pas l’ombre de Loana non plus.

Quatre jeunes comédiens entrent en résistance contre le régime théâtral que tente de leur imposer le metteur en scène depuis la régie technique. Si Ferdinand Flame met en scène une génération désenchantée, imperméable au romantisme d’hier et ses clichés vieillots, on la découvre animée par un élan de création viscéral, assoiffée de liberté, ingénieuse dans sa manière de déjouer les cadres d’un carcan social de plus en plus étroit.

« Les clichés vomis, les menuets déboutonnés, les scènes de répertoire minées d’anachronisme, le pamphlet des corps contre le goût contemporain des systèmes déplient une nouvelle mythologie romantique – celle d’une jeune génération plus que mélancolique – davantage qu’ils ne détruisent l’ancienne. L’antique sturm und drang a offert des braises fumantes et pas seulement des vieux rêves. » Pierre Lesquelen in Détectives Sauvages

Quand l’émission de télé-réalité Loft Story passe pour la première fois à la télévision, j’ai à peine 10 ans. Je ne la regarde pas, pourtant dans la cour de récréation on ne parle que de ça. T’as vu Loana et Jean-Edouard dans la piscine ? Apparemment ils ont b**** Ah ouais ? Ouais, c’est dégueu… Je passe à côté de cette scène déjà culte pour toute ma génération. Des années plus tard, je retombe presque par hasard sur ces fameuses images. Je les avais oubliées, et pourtant, dès que je les vois, je veux en voir plus. Je regarde tout ce que je peux trouver et cela me plonge dans une sorte de nostalgie voyeuriste. Comme si j’avais enfin accès à une partie de ma jeunesse qui m’avait échappée. Il m’apparaît très clairement que cette émission est le paradigme de notre société dans laquelle tout le monde est filmé tout le temps, où tout s’enregistre, où rien ne s’oublie, où l’outrance et le narcissisme sont la norme. Ce sera le point de départ de mon prochain spectacle. Je commence à retranscrire des passages entiers de l’émission. Un texte apparait avec des personnages, sortes de figures contemporaines des caractères de la Com media dell’arte, des situations, des dialogues, des longues tirades déchirantes. Malgré cela, il me manque quelque chose, un contrepoint. Je lis Don Carlos de Schiller que m’avait conseillé Séverine Chavrier quand je travaillais avec elle. Moi qui ne vais pas naturellement vers les textes classiques, je suis séduit par la fable politique qui raconte l’histoire du roi Philippe II d’Espagne, qui, au nom de la raison d’État, épouse Elisabeth de Valois, héritière du trône de France, alors que celle-ci avait une liaison avec son fils, Carlos. Au-delà de la trahison père fils, la pièce raconte comment toute la cour d’Espagne sombre dans le soupçon, le mensonge, la rumeur, dans un régime de post-vérité, parce que le roi – donc la parole d’État – a menti à son propre fils. En faisant mes premières recherches, j’apprends que Sylvain Fort, le traducteur de la pièce, a été conseiller en communication pour Emmanuel Macron de 2017 à 2018.
Ferdinand Flame se forme au jeu puis intègre l’école du Théâtre National de Strasbourg – section Mise en scène – en 2016 (Groupe 44). Il y met en scène plusieurs spectacles à Paris, Liège ou Strasbourg. Il y travaille avec Julien Gosselin, Maxime Kurvers ou encore Ivo Van Hove. À sa sortie, en 2019 il co-écrit et co-met en scène un film : Municipale, sélectionné à L’ACID Cannes 2021, et sorti en salles en janvier 2022. En 2022, il assiste Séverine Chavrier sur sa dernière création : Ils nous ont oubliés. Il travaille à ses propres créations théâtrales : Don Carlos et les Pièces En Appartements.