Laughton

LES VEILLEURS

Texte Stéphane Jaubertie

SAMEDI 1ER FÉVRIER 17H

La Mégisserie – Amphithéâtre
SÉANCES SCOLAIRES
VENDREDI 31 JANVIER 10H ET 14H30
1h / Tarif C
THÉÂTRE /  DÈS 10 ANS
AVEC ÉLISA BERNARD, STÉPHANE CZOPEK, ANTHONY GAMBIN, LAËTITIA LE MESLE
MISE EN SCÈNE ÉMILIE LE ROUX
RÉGIE GÉNÉRALE, LUMIÈRE ÉRIC MARYNOWER
SON GILLES DAUMAS
MUSIQUE – SON ROBERTO NEGRO
INTERPRÉTATION MUSICALE ENSEMBLE SYLLEPSE
COSTUMES LAËTITIA TESSON
SCÉNOGRAPHIE GUILLAUME COUSIN
CONSEIL EN PHYSIQUE DES FLUIDES SYLVAIN AGINAGA
CONSTRUCTION ATELIER DE DÉCORS DU TMG
DIRECTION DE PRODUCTION AURÉLIE MAURIER
ATTACHÉE D’ADMINISTRATION MAÏSSA BOUKEHIL
ACTION ARTISTIQUE TANIA DOUZET

Coproduction : L’Empreinte, scène nationale Brive–Tulle ; Théâtre des Bergeries – Noisy-le-Sec ; TMG – Grenoble.
Soutiens : Théâtre de la Licorne – Ville de Cannes ; Maison de la musique de Nanterre, scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la musique ; Théâtre Nanterre – Amandiers, Centre Dramatique National ; Le Quai, CDN Angers Pays de la Loire ; Centre International des musiques nomades – Théâtre Sainte-Marie d’en- bas, Grenoble.
Les veilleurs [compagnie théâtrale] est conventionnée par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de l’Isère, la Ville de Grenoble, et soutenue par Le Département de la Seine-Saint-Denis et la Spedidam.
Le texte Laughton est publié aux Éditions Théâtrales – 2018

Disponible très prochainement !

Laughton vit aux côtés de sa mère et de l’ours, figure paternelle qui n’arrive pas à l’aimer. Heureusement, il y a Vivi, tout feu tout flamme, qui parle à en avoir le tournis. Comment être au monde quand on s’y sent… inadapté·e ?

Laughton est né entre la chaleur de l’été et le froid de l’hiver. L’histoire se passe comme par hasard en automne et à la campagne. Laughton peine à trouver sa place, aux côtés de la Femme, sa mère, et de l’Ours, cet homme qui lui sert de père, toujours à ratisser les feuilles qui tombent et à ne s’inquiéter que du tout petit frère qui pousse dans son berceau. Pendant ce temps, elle, sa mère, remplit des feuilles d’écriture. Mal aimé, ayant l’impression d’être toujours de trop, il essaie de comprendre d’où il vient et pourquoi personne ne se soucie de lui. Il rencontre alors l’impertinente et bavarde Vivi, qui n’hésite pas à recoller les morceaux épars de sa réalité pour dissimuler sa fragilité. À son contact il s’enhardit et finit par trouver le chemin pour briser ce silence et faire voler en éclat les secrets de famille.

« Pour nous, le théâtre est l’endroit de la pensée. Alors que nous utilisons quotidiennement de moins en moins de mots pour appréhender un monde de plus en plus complexe, il nous semble important de défendre cet espace où chaque mot est choisi, où chaque phrase ouvre au sensible. Nous nous attachons à l’aspect formel des écritures contemporaines, à ce qu’elles proposent déjà comme structure, comme tension, comme souffle, comme rythme. Nous cherchons à faire entendre des écritures théâtrales qui portent en elles une dimension poétique et une dimension politique, sous-tendues par des questions éthiques. Nous aimons les textes qui nous permettent de regarder le monde autrement et d’engager ou d’ouvrir une discussion, qui nous encouragent à contourner nos propres normes et à emprunter des chemins de traverse qui permettent d’aller voir ailleurs. Dans notre travail, le texte n’est jamais prétexte à un acte théâtral, il en est l’essence même. Nos partis pris dramaturgiques se font dans le détail des mots, dans l’ombre et dans la lumière. Nous agissons sur les sensations physiques du public. Nous travaillons au petit, au détail. Nous privilégions des propositions scénographiques sobres et épurées qui sont protéiformes et cherchons à ouvrir des espaces symboliques dans lesquels la langue peut résonner. Des espaces qui mettent en tension les corps et permettent aux drames de se raconter. Les lignes très précises de nos scénographies laissent une place importante à la précision du jeu des acteurs dans une esthétique quasi cinématographique. Au fil des ans, nous avons constitué un répertoire de pièces théâtrales qui s’est enrichi grâce à de multiples rencontres artistiques laissant une place conséquente à la musique et à la chorégraphie. Ensemble nous aimons alterner les grandes et les petites formes artistiques, celles qui nécessitent la boîte noire des salles de spectacle et celles qui peuvent se jouer avec des dispositifs autonomes ou bien directement sous les néons des salles des fêtes et des salles de classe. Avides de rencontres et d’expériences, cette alternance nous permet de parcourir de nouveaux territoires et de travailler dans des temporalités différentes. Nous aimons nous adresser à l’enfant comme à l’adulte. Nous défendons l’exigence artistique des arts vivants pour l’enfance et la jeunesse avec cette conscience éthique qu’on peut tout dire à l’enfant, mais qu’on a la responsabilité de ne pas lui enlever l’idée qu’il a en lui de quoi grandir, la responsabilité de ne pas le désespérer. » Émilie Le Roux – metteuse en scène

« Ce texte m’a émue dès la première lecture. Les quatre personnages ne trouvent pas réellement leur place dans le monde qu’ils occupent. Une tempête d’incertitudes habite chacun d’entre eux. Ils calment ce qui gronde en eux en trouvant une autre manière de se raconter la réalité : Laughton joue, sa mère écrit, son père jardine, et Vivi s’invente une autre vie. Enfants, parents, beaux-parents, chacun d’eux peine à ressembler à l’image normée que nous pouvons avoir de chacun de ces rôles. Ce qui me touche chez ces personnages, c’est de sentir qu’ils font ce qu’ils peuvent. Avec leur histoire, avec leurs angoisses, avec leurs colères, et leurs impossibilités. L’humour salvateur des scènes avec Vivi libère de cette tension familiale qui laisse trop peu de place à Laughton. Il se questionne alors sur ce qu’il est en droit d’attendre des autres et ce qu’il peut se permettre d’exprimer. Si nous sommes nombreuses et nombreux à nous sentir malà-l’aise à la place qui nous a été assignée, une question peut se poser : est-ce nous qui sommes inadapté.e.s ou est-ce le monde que nous avons mal pensé ? » Émilie Le Roux – Metteuse en scène.

« Pourquoi Laughton ? Pourquoi Laughton ? Très bonne question, chère lectrice, cher lecteur. Parce que j’ai d’abord écrit Létée. L’histoire d’une fille qui disparaît pour mieux réapparaître dans une autre famille, l’été à la campagne. Elle dit s’appeler Létée, comme l’été, mais à mon avis, elle ment. Mais je ne suis que l’auteur. Puis est arrivé Livère. Une autre fille, plus âgée, qui s’installe dans une famille recomposée. L’histoire se passe l’hiver à la campagne. Et voici Laughton. Un garçon, cette fois. Comme Livère et Létée, Laughton est un enfant inventé, et donc un enfant de la mémoire. Laughton est un enfant blessé. Mal aimé par des adultes étouffés par le poids du secret, tout occupés à n’écouter que leurs peurs et leurs désirs cachés. L’enfant ne se sent pas le bienvenu. Alors, parce qu’il ne veut pas gêner, comme Livère et Létée, Laughton ne fera que passer. Ici, nous sommes toujours à la campagne mais cette fois en automne, tu t’en doutes. Le père ne fait qu’amasser des tas de feuilles mortes dans le grand jardin. La mère ne fait qu’inventer des histoires sur des feuilles blanches qui envahissent la maison. Et le tout petit frère ne fait que grandir dans son berceau. Entre les trois, Laughton a du mal à trouver sa place. Rejeté par le père, oublié par la mère, remplacé par le frère, il lui reste l’imaginaire. Et Vivi, la seule qui lui parle à l’école. Il n’est pas très bavard, mais elle parle pour deux. Vivi dit que tout le monde l’appelle comme ça mais qu’en réalité elle s’appelle Marie-Andromaque. À mon avis, elle ment. Mais… Ces trois pièces de théâtre qui s’adressent aussi aux enfants peuvent bien sûr former une trilogie, mais peuvent tout à fait se lire séparément les unes des autres, et dans l’ordre qu’on veut ! Trois saisons à visiter, trois voyages dont toi, chère lectrice, cher lecteur, décides et de la destination et de l’itinéraire. Là, tu as une question. À quand le printemps ? Très bonne, la question. Mais à ce jour, je ne suis pas sûr d’avoir envie d’y répondre. Et d’abord le printemps, comment l’écrire ? Dis-moi, tu l’écrirais comment, toi ? » Stéphane Jaubertie – Auteur, mai 2018

Stéphane Jaubertie est auteur de théâtre. Né en 1970 à Périgueux, il se forme comme comédien à l’École de la Comédie de Saint-Étienne et commence à écrire en 2004 des textes qui s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Il écrit des fables initiatiques. C’est du plus profond de soi qu’il part pour fabriquer un théâtre qui parle au cœur et à la tête et composer une dramaturgie percutante, intelligente et rare. À ce jour, il a écrit : Les Falaises, Yaël Tautavel ou l’Enfance de l’art, Jojo au bord du monde, Une chenille dans le cœur, La Chevelure de Bérénice, Everest, De passage, Un chien dans la tête, Livère, Sac à dos, Crève l’oseille ! État sauvage, Laughton, Boxon(s) jusqu’à n’en plus pouvoir, Grand manège et Dernières nouvelles de l’eau vive. En octobre 2022, il reçoit le Grand Prix de littérature dramatique pour Lucienne Eden ou l’Île perdue. Il anime à Paris et en régions des ateliers d’« écriture dynamique » pour les enfants et les adultes, amateurs ou professionnels. Il est aussi acteur (il a, à ce jour, joué dans une trentaine de spectacles).

Émilie Le Roux crée sa première mise en scène en 2002 : Electre/Elektra d’après Sophocle et Hoffmansthal. À partir de 2007, pour les veilleurs [compagnie théâtrale], elle travaille sur un certain nombre de questions éthiques en écho desquelles elle met en scène des textes écrits par des auteurs majoritairement contemporains : Nathalie Papin, Sylvain Levey, Jacques Rebotier, Bernard-Marie Koltès, Catherine Zambon, Philippe Dorin, Élisabeth Gonçalves, etc. Au fil des ans, son travail théâtral se métisse grâce à des collaborations musicales et chorégraphiques. Musicalement, elle travaille principalement avec Théo Ceccaldi, Valentin Ceccaldi et Roberto Negro, issus du collectif orléanais le Tricollectif. Chorégraphiquement, elle s’entoure de Adéli Motchan et de Christophe Delachaux. Vocalement, Geneviève Burnod et Xavier Machault accompagnent ses créations. Après un premier projet participatif interdisciplinaire et intergénérationnel en 2015, Allez Allez Allons, elle propose Et tout ce qui est faisable sera fait, projet qui voit le jour à Grenoble, Orléans et Vitry-sur-Seine en mai/juin 2019. En novembre 2020, elle crée La morsure de l’âne de Nathalie Papin et en 2021 elle met en scène Cardamone de Daniel Danis. Aux côtés des lieux où elle est artiste associée, elle s’engage dans nombre d’actions culturelles. Intéressée par les questions de transmission, passionnée par le répertoire contemporain jeune public et généraliste, elle travaille régulièrement aux côtés de comédiens amateurs, d’enfants, d’adolescents et d’adultes. Elle participe à des comités de lecture et accompagne la formation d’enseignants, d’animateurs et de jeunes acteurs. Aux côtés d’autres équipes artistiques, elle tient place de conseil artistique et de regard extérieur